Au féminin

Je suis née le 31 Octobre 1967 . C’est une date magnifique . Elle est au bord de l’automne . Quand la lumière se love à l’intérieur. Qu’elle devient rouge et chaude . Et que les arbres la révèlent. C’est depuis cet endroit que je me tiens pour prendre la parole.
La parole court comme l’eau depuis la nuit des Temps . Elle circule de coeur à coeur et celui qui l’articule n’est pas forcément la même personne que celui qui l’a pensée. Car la parole a ses racines dans le coeur des hommes, dans leur existence commune et partagée. Comme l’air que l’on respire – comment pourrait-on le dissocier? La parole est une et même histoire qui se respire à l’intérieur de nos vies . Leurs trames dessinent les lignes de la partition de musique où elle vient se poser. Mais cette histoire, pour se raconter, a besoin (toujours) de quelqu’un qui se lève, et brise le silence.
Cela fait très longtemps qu’on me demande de dire, cinquante ans, pour être précise mais jusque là, j’attendais. J’attendais que ce soit le moment. Et ce moment est venu.
Je m’appelle Frédérique. C’est un prénom androgyne comme il y en a tant. comme Daniel(e) qui est le prénom de ma mère , comme Mael(elle), qui est le prénom de ma fille. Voilà donc que dans ma lignée le féminin s’écrit mais ne se prononce pas .Et c’est pour le dire que je prends la parole.
————————————————————————————————-
Lorsque j’étais enfant, je passais des jours entiers sur la balançoire du fond du jardin. De là, je pouvais mieux parler avec les oiseaux.Ce dialogue ravivait mon coeur . Je devenais fille du vent . Ce que j’avais toujours été , mais que les adultes qui m’entouraient ne voyaient pas forcément, ou , s’ils le voyaient , pouvaient-ils le supporter?
————————————————————————————————————-
Je me souviens de la pluie mêlée au vent par un jour de Camargue et de tous mes camarades réfugiés dans le grand car immobile aux odeurs de cartable neuf. Ils me regardaient scandalisés , devant attendre que je les rejoigne …Mais comment ne pas danser dans un tel vacarme ?
D’aussi loin que je me souvienne, il y eut des chevaux fous dans mon ventre.
Un désir immense de Vie.
Prendre la vie à bras le corps, dit-on.
Aujourd’hui , mes épaules sont gelées.
« épaule gelée », c’ est une maladie neurodystrophique qui apparaît sans que l’on ne sache pourquoi et disparaît de la même manière…Une maladie silencieuse,sourde. Une sourdine posée sur mon instrument depuis trop longtemps et qui aurait pu faire taire ma musique à tout jamais , par contamination, par infusion , perfusion, contagion, résignation de la chair et de la peau, par abandon du squelette .
Car pourquoi se tenir encore debout s’il n’y a rien à danser?
————————————————————————————————————-
Je suis une femme en colère.
A quand remonte cette colère?
Au centre de la Terre.
————————————————————————————————————-
Lorsque ma première fille est née, que mon ventre s’est entrouvert, les chevaux au galop ont envahi la salle d’accouchement de l’hôpital. Le rythme libre de leur danse réveilla ma conscience :  » mais que faisons-nous? Nous devrions vivre dehors!! accoucher sous les étoiles, entourées d’arbres et de parfums ! Que faisons-nous dans nos maisons étanches? »Une conscience toute neuve et flamboyante vint éclairer ainsi la salle blanche métallique et chlorée d’un feu vivant et magnifique .
– « Allongez-vous Madame, c’est dangereux d’être debout, le médecin va bientôt arriver « …Les cadenas de la bêtise humaine se refermèrent sur ma chair bouillonnante, j’eus droit au protocole de dressage du corps des femmes…Mais quand ma fille arriva, l’intensité de son regard me prévint tout de suite que c’était à cheval qu’elle avait traversé les Temps et que rien ne pouvait enfermer la force du Présent.
————————————————————————————————–

Un jour, elle était alors en 4e au collège ,Lucille frappe à la porte de la maison. J’ouvre. Elle avait fait 15km à pieds toute seule, son gros cartable rempli d’inutile sur le dos! Elle n’avait pas pu rentrer dans  » l’enceinte de l’établissement ».  » Sans un mot, je compris tout de suite. Je lui dis simplement :  » entre vite, je vais te faire un bon thé bien chaud « .
Elle ne pouvait plus.Elle l’avait fait tant qu’elle pouvait . Elle était  » sage », avait des amies, et de très bons résultats. Mais elle ne pouvait plus.
Rien de particulier ne s’était manifesté pour nous prévenir, aucun signe, mis à part un léger mais récurrent mal-au-ventre…
Elle ne pouvait plus. Impossible. Ses grandes ailes ne pouvaient plus se ployer sous le portique bétonné du système scolaire sans se briser désormais. Son corps ne pouvait plus suivre les lignes droites des recommandations, il commençait à amorcer la grande courbe de la Sagesse féminine , celle qui propulse dans la danse de l’indomptable.
Mais où aller pour grandir et rester libre?
Ce ne fut que des années plus tard qu’elle ramena à la maison et fit visionner à toute la famille le film  » Etre et Devenir « . Ce film était un témoignage extraordinaire de plusieurs familles ayant fait le choix d’assumer que leurs enfants grandissent librement dans leur présence, sans aller à l’école, sans rythme imposé, sans programme et j’assistai bouleversée à la parole cristalline de ces enfants devenus musiciens, architectes, boulangers, agriculteurs, peintres ….Cette parole était simple, concise,concrète, posée comme les pattes d’un oiseau sur un fil de soie. Toutes ces familles avaient un point commun qui m’explosa à la figure : le bonheur.
Je pleurai. Je n’avais pas su imaginer une telle possibilité pour mes filles. Ou plus précisément , je n’avais pas osé imaginer un instant avoir la possibilité, le droit, d’écouter mon intuition pour transmettre à mes enfants ce que je ressentais comme meilleur pour eux.
Domestiquée j’étais, me fit comprendre plus tard Dom Miguel Ruiz . Et il me proposa un autre contrat : Plutôt que de suivre aveuglément les croyances communes et de par là même, les reproduire et tourner en rond dans ce labyrinthe de papiers morts , il me suggéra d’entrer en résonnance avec mon être , en accord avec moi-même, en retrouvant le souffle de la parole vive, la voix mouvementée de l’ âme, celle qui écoute qui glisse et qui danse, qui se déploie parfois d’un grand coup sec comme une montgolfière et vous soulève hors des sentiers battus, celle qui m’invente …


——————————————————————————–
Alors la forêt se mit à me parler. Elle m’accueillit en son antre . J’aimais le non-bruit que faisaient mes pas sur le chemin d’humus. L’écureuil immobile me confirma par un regard franc que j’étais attendue . Et la plume turquoise du Geai des Chênes appelant mon regard fut mon cadeau de bienvenue.La forêt me parlait.Sa joie à m’accueillir rencontrait ma joie à me fondre en elle. Ma respiration s’amplifiait , les parfums des pins me redonnaient à goûter mon corps. Les tissus intérieurs et mous de mes organes respiratoires , digestifs, l’intérieur de mes cloisons nasales, ma gorge, mon estomac, la peau de mon visage, la plante des pieds, tout en moi se réveillait; je les sentais; ils étaient vivants; et ils parlaient le même langage que la lumière dans les feuilles des arbres : les arbres et mon corps bruissaient ensemble de leur rencontre..
la marche se fit alors plus rapide , plus légère et plus ample.Mon pas rebondissait sur les roches , le balancement de mes bras devenait voluptueux et ne pesait plus ; ma colonne vertébrale devenait élastique ; et un sourire irrépressible ne me quittait plus; Je faisais corps. Corps avec la vie,corps avec la forêt, je faisais corps.Le vert était musical et la mésange bleue en riait aux éclats.


Les villes sont-elles donc imperméables à ce frémissement de la vie qui se rappelle à nous ? Sur quelles fondations ont-elles donc été construites pour pouvoir ainsi faire barrage à la lumière de l’existence?
Le « buzz » médiatique récurrent autour de la question des immigrés en fait signe. Nos villes sont bâties sur la peur.
Murailles protectrices qui séparent le barbare du ….quoi? du blanc? du chrétien? du démocrate? du français? du montpelliérain? du cévenol de souche? du gars de chez nous? du frère? du pot? du fils de la soeur de la grand-mère de ma voisine? du collègue? du qui? quel est le fil qui peut ainsi rallier nos chiennes de vie en identité de référence ? quel lien? quelle unité ? quelle définition peut rassembler des hommes au sein d’enceintes de la Cité?
Suis-je la légitime ou la barbare? est-ce un choix? est-ce variable? tantôt l’une, tantôt l’autre….
Ne serait -ce pas un  » choix de Sophie » auquel aucune, aucune mère, ne saurait se soumettre….
De quel côté de la muraille te tiens-tu?
Mexicain-Etasunien? Palestinien-Israëlien? Allemand-de-l’est-Allemand-de-l’ouest? Chrétien-Musulman? Homme-Femme? Hétéro-Homo?Carte-Gold-Visa-Electron? Fraîchement- diplômé-Chômeur-de-longue-durée?Valide-Handicapé? voyant-non-Voyant? Bon-chien-bien-sage-Chien-errant-dangereux-à-euthanasier? Collégien-qui-est-à-jour-de-sa-carte-scolaire-Collégien-qui-ne-l’est-pas-et-qui-ne-mangera-pas-ce-jour-là-à-la-cantine?
Qu’est ce qui fait que ces putains de murailles tiennent encore debout?
Papier, tissu issu du monde végétal, toi qui portes en toi le frémissement de la forêt , que j’entends quand je te touche, toi qui accueille la parole des hommes ou leurs traits de couleurs, leurs questionnement, leur souffle, leurs promesses, leurs lettres d’amour et leurs indignations, Papier, c’est bien te faire offense que de ranger dans ta mémoire un numéro d’humain, un nom comme un numéro,….autant dire un numéro de clown ! Le clown blanc n’étant rien sans son frère l’Auguste…

———————————————————————————————————————————-

 » Elle a signé « , dit l’infirmière. Et le débat fut clos. Au coeur du débat, une vie en sursis. Mon petit me fut arraché . J’avais signé.

C »était un peu tard ,c’est sûr, pour savoir.Mais c’est seulement à ce moment-là que mon coeur osa prendre la parole.Quand l’anesthésiant me fut injecté et que tous mes garde-fous commençaient à basculer dans l’inconscience,enfin ce fut clair :  » laissez-moi descendre, j’ai changé d’avis, je veux le garder.  »  » C’est trop tard. »  » Elle ne sait pas ce qu’elle dit.  »  » La gynécologue est déjà en route, on ne peut pas arrêter comme ça.  » « Mais enfin si elle le demande…. » « Elle a signé. »

Le réveil fut brutal. Je hurlai  » Je veux mon bébé ». je hurlai mon désir, la vérité de mon désir que jusque là la raison , la soumission à la soi-disant raison, le simili respect d’autrui,la peur? mon  » éducation  » .. les satanées voix de l’extérieur avaient occulté.

Cela fait 30 ans maintenant…La douleur bien sûr n’est plus aussi vive mais il ne se passe pas un jour sans que je pense à mon petit.

L’obéissance créait une chaîne qui du début à la fin faisait taire le vivant, l’imprévisible, la voix de cet enfant .

L’obéissance , une monstrueuse machine aveugle et sourde.

Ta voix, mon petit amour, enchante encore les oreilles de mon coeur, car tu me chuchotas,quand je m’endormai dans les bras de ton père juste avant « l’opération » que tu souhaitais rester.

Je t’ai entendu mais, à cette époque, je ne savais pas m’entendre, moi..

J’avais appris le grec et le latin, les mathématiques, la géographie, j’étais la meilleure pour lire Kant ou Heidegger mais personne ne m’avait appris à écouter mon coeur.

Ma mère , démunie devant ma détresse, et profondément dérangée par mes pleurs et hurlements, me donna un Lexomil.

Et combien de fois par la suite j’ai retrouvé dans ma vie cet étouffoir comme seule réponse à la détresse humaine, à la souffrance, voire même seulement aux émotions ( y compris de joie..). Et combien cet étouffoir fut destructeur!!!J’ai pu en faire la tragique expérience plusieurs fois!

la non-écoute.

Comment est-ce possible quand on est une maman de ne pouvoir ainsi accueillir la détresse de son enfant? Comme je l’avais fait moi-même pour mon petit qui pourtant s’était adressé à moi….le non-accueil, ou plutôt, l’impossibilité d’accueillir.

Car pour accueillir, il faut de l’espace dans son coeur.

Et quand le coeur est blessé , il est fermé, tout contracté, tendu ,comme une pâte à tarte trop sèche, si on la remue, elle va se déchirer en morceaux….La personne ne peut pas être remuée sans se fissurer, alors elle fait tout pour ne pas entendre, être confrontée à ce qui pourrait la toucher, venir la chercher au coeur de ses blessures , et tout raviver.

C’est ainsi qu’on cultive la mort en soi.

Par  peur de la vie.

C’est ainsi que toute une société devient complice des murailles mortifères.

————————————————————————————————————————–

L’eau vient à bout des murailles, les pierres sèches , goutte après goutte, non seulement la laisse passer mais lui creuse un chemin, toujours.

———————————————————————————————————

Entendre la voix du dedans , voilà ce que je me mis à chercher .Mais je ne savais pas comment on y accédait. On n’apprend pas ça à l’école. Alors que c’est la base de tout. Mais on apprend le contraire, n’est-ce pas?

« Chut! » à l’école , ça veut dire  » tais-toi » , un silence stérile, voilà ce que l’on sème, une chape de plomb sur le senti, des murs de bétons, un enseignement « béton » , de solides fondations, croit-on….

Je me souviens de ces enfants de maternelle alignés sur le banc.

Le hall où mon petit frère avec ses camarades attendaient  » sagement » la venue des parents.Tellement chou, ces tout-petits alignés comme des harangs…( moi je n’avais rien à voir avec ça, j’étais en CP!!!…).

Et des années plus tard, alors que j’étais auxiliaire institutrice à Alès, je ne pouvais me résoudre à  » contenir » ces énergies vives alignées sans bouger sur le banc, ce qu’attendait de moi la jeune professeur des écoles .

Ou bien encore de ces lignes d’écriture, et alors que je devais aider une petite fille à exécuter correctement ses  » i « , je vis dans son I immense qui dépassait de trois rangées au moins les lignes du cahier, son merveilleux désir de croître, et je l’encourageai à le laisser pousser comme un tournesol et nous le coiffâmes d’un merveilleux point en forme de soleil qui se mit à tournoyer comme un manège dans le carillon de nos rires lâchés.

———————————————————————————————————————————

 


 

 

 

 

 

ce livre est en cours d’écriture, n’hésitez pas à me partager vos ressentis de lecture…

Yoda

Encore une fois, nous avons assistées émerveillées à la bienveillance extraordinaire de nos chats…

Une famille abandonnée dans les décombres d’une vieille maison…une maman chat amaigrie donne naissance à deux petits…Rien pour les nourrir, étant elle-même laissée à l’abandon, elle n’a plus de lait…Nous passons par là, comprenons ce qui se passe, essayons de les attraper pour les ramener chez nous et prendre soin, nous n’arrivons à attraper un seul petit, qui en fait , vient vers nous…

Arrivées à la maison, les doutes,…Nous avions séparé un petit de sa maman….Je communique à la maman par télépathie, je lui envoie les images de son petit qui mange et qui est au chaud.

Au début, terrorisé, le petit rachitique est sauvageon, grogne et se cache à l’intérieur du canapé, nous le laissons faire; nous proposons des câlins , il aime bien; nous passons des heures à materner..Il se jette sur les croquettes et sur le thon, il a l’air si petit, difficile de lui donner un âge… On constate qu’il n’arrive pas à boire,nous décidons de lui donner le biberon, du lait maternisé pour chatons,au début difficile, puis il apprécie de plus en plus,puis il boit au bol…Les autres chats de la maison l’adoptent instantanément.

Tous viennent le lècher comme s’ils sentaient son besoin immense de protection, de maternage..Les chatons l’intègrent aussitôt dans la fratrie et jouent avec lui. Il essaie mais c’est comme si il ne savait pas jouer! Il grogne il leur fait mal, les chatons continuent pourtant..Les mamans lui proposent de l’allaiter, au début , il refuse..

Au fil des jours, il se métamorphose, il apprend à jouer, se met à ronronner, se rapproche des mamans, et tête enfin, !!! C’est notre chouchou, on l’a appelé YODA.

contes sauvages pour enfants sages/ le ptit nouveau

zinayaZINAYA

Zinaya n’a jamais envie d’être là où elle est.
Alors elle s’est entraînée à toujours imaginer être là où elle aimerait.

Aujourd’hui Zinaya est à la piscine, parce que c’est mercredi et c’est ce qui est prévu.
Mais Zinaya, elle, aujourd’hui, elle aimerait être sur un dromadaire dans le désert!

Dans un coin, elle étale sa serviette jaune de sable, sous le palmier en plastique.
Elle fait comme si elle était arrivée à une oasis, après une périlleuse traversée du désert.
Elle prend le thé avec les touaregs en leur contant son expédition avec de grands gestes .

Sa maman ne comprend pas, elle est un peu fâchée.
Elle s’approche de Zinaya et lui demande pourquoi elle ne nage pas. A-t-elle peur? A-t-elle froid?
Mais Zinaya ne l’écoute pas. Elle est une grande exploratrice du désert et les aventuriers n’ont pas de mère.
Alors sa maman s’énerve pour de bon, pour Zinaya, la tempête se lève dans le désert !
Vite il est temps de repartir !

Après deux jours passés dans sa chambre-fusée-bateau-jungle-cabane pour éviter la tempête du désert, ses parents l’emmènent à la boulangerie pour essayer de réparer, mais Zinaya, elle, dans sa tête , elle va en Chine, parce que aujourd’hui c’est vendredi et c’est ce qu’elle a envie et qu’il y a des pandas….
Elle décide d’y aller en montgolfière .
Elle s’élève si haut que ses parents deviennent plus petits qu’elle.
Sur le chemin de la boulangerie il y a Oscar qui rentre du square. Il a un grand sourire pour Zanaya mais elle, elle ne le voit pas parce que dans le ciel il n’y a personne à part elle.
Ses parents ne comprennent pas. Pourquoi ne lui as-tu pas dit bonjour ? Tu ne l’aimes pas ? Est-il méchant ?
Zinaya ne répond pas, il grêle sur sa montgolfière. Elle atterit en catastrophe au sommet d’un immense bambou. Elle salue le panda interloqué et lui raconte sa chute endiablée.
Arrivée à la boulangerie sa mère lui demande ce qui lui ferait plaisir. Mais comme pour les chaussures, les robes, les coiffures, les films au cinéma, le parfum des glaces,le nom du chien et du poisson rouge,la couleur de la chambre, l’histoire du soir et les céréales du matin, Zinaya ne répond rien et sa maman, même si c’est une maman avec des super pouvoirs de maman, elle ne sait pas ce qui ferait vraiment plaisir à Zinaya : une tarte aux fraises ou un flan ? C’est tellement différent.
Alors elle prend un pain au chocolat parce que c’est une valeur sûre, enfin elle croit .

 

Zinaya ne va plus à l’école parce que ce n’est pas un lieu où on peut être et en même temps non. Elle était toujours dérangée par des questions auxquelles elle ne répondait jamais.

Au cours de ses voyages Zinaya a visité presque tous les pays du monde et beaucoup d’étoiles, quelques galaxies et de nomreuses contrées imaginées, mais chez elle, elle ne connait pas.
Au cours de ses voyages Zinaya a rencontré presque tous les peuples du monde, beaucoup de lutins, quelques dragons et de nombreux êtres mystérieux mais sa mère, son père , son petit frère, Oscar et la boulangère, elle ne les connait pas.

Zinaya n’a jamais envie d’être là où elle est.
Zinaya ne sait pas être là où elle est.

Aujourd’hui la famille de Zinaya part en balade parce que c’est dimanche et c’est ce qui est prévu. Mais Zinaya elle, elle part en sous-marin explorer le fond de l’océan pacifique. Oh! C’est inespéré, une espèce de poisson inconnue passe devant son hublot , elle le suit entre les algues.

Zinaya s’est enfoncée dans la forêt. Sa famille est inquiète, sa mère pleure sur un rocher.Tous s’agitent en tous sens et appellent à bout de souffle la zinaya perdue.
Zinaya ondule entre les algues et les rochers à la poursuite du poisson doré .

Mais là, face à elle, des yeux en amande. Elle ne bouge plus. Son sous-marin a disparu mais elle ne coule pas.
Ses pieds sur la terre, la main sur le châtaignier, elle respire l’air de la forêt et contemple le cerf.
Zinaya est exactement là où elle voudrait être.

 

Aujourd’hui c’est mercredi et Zinaya va au square voir Oscar, ce n’est pas ce qui est prévu, tant pis pour la piscine et les touaregs, parce que maintenant Oscar c’est son ami et c’est à lui qu’elle raconte ses voyages et parfois même ils partent ensemble.
Mais Zinaya n’oublie plus de respirer l’air de là où elle est.
Et lorque son père l’appelle pour rentrer , elle l’entend et lui répond, comme tous les enfants…Encore un peu! s’il-te-plaît !

C’est dimanche , Zinaya est adulte, et aujourd’hui elle a une soudaine envie de forêt .
Son fils est comme elle un grand aventurier mais elle a lui a enseigné comment respirer l’air de là où on est. Et bien-sûr, elle lui a présenté son ami aux grands bois.
Aujourd’hui ils vont ensemble le saluer et à chaque fois que Zinaya plonge dans ses yeux ses pieds tissent un peu plus avec la terre.

Zely

Zély est éblouie
Avec ses grands yeux de grenouille ahurie
Elle contemple l’univers
qui est né, cette nuit, en elle .cropped-28059480_1946426635430445_5419514387923958925_n1.jpg
C’est grand !
C’est beau !
Zély est éblouie

Zély ne sait que faire
De cet univers qui pousse en elle
A-t-elle mangé une graine de galaxie ?
c’est immense !
c’est sublime !
Zély ne sait que faire

 

Zély se demande
Comment fait on pour explorer l’interieur de soi ?
Y a t il une formule magique?
C’est gigantesque !
C’est magnifique !
Zély se demande

Zély a peur
Soudain elle se dit que tout cela n’est pas normal.
qu’elle est peut – être malade!
C’est étrange !
C’est effrayant !
Zély a peur

Zély croit rêver
Peut- être que ce qu’elle vit n’est pas réel.
Comme quand elle rêve qu’elle perd à la marelle .
C’est vaste !
C’est mysterieux !
Zély croit rêver

Zély est en colère
Qu’est ce qui vient faire là cet univers?
Elle lui a rien demandé ! qu’il s’en aille, loin de ses pensées.
C’est encombrant!
C’est gênant!
Zély est en colère

Zély respire
Elle s’assoit sur son rocher préféré
celui d’où elle voit les algues danser.
C’est intrigant!
C’est inspirant!
Zély respire

Zély contemple
Etoiles et planètes, trous noir et comètes.
Elle aperçoit mille couleurs,nuances,brillances.
C’est grand !
C’est beau !
Zély contemple

Zély voyage
A travers cet univers
qui est né, cette nuit, en elle.
Elle découvre des choses qu’elle connait et d’autre qui la surprennent.
C’est immense !
C’est sublime !
Zély voyage

Zély s’émerveille
Il y a là, devant elle une sphère cristalline qui l’appelle.
C’est le coeur d’elle même.
Elle sent une grande douceur en elle.
C’est gigantesque !
C’est magnifique !
Zély s’émerveille

Zély regarde la rivière
Zély regarde les arbres
Zély regarde son rocher
Rien n’a bougé , mais tout a changé.

 

Zély le sait
Qu’en elle , l’univers entier danse
Et que la lumière est infinie
C’est Zély !
C’est Zély !
Zély le sait .

Le sosie du Brownie

Pour chocolater vos goûters!

IMG_5007

ingrédients:

chocolat en poudre Poulain ( 5 cuillèrées à soupe)

3 œufs d’ Eléonore ( une autre poule peut faire l’affaire mais en moins bien ; ))

farine petit épeautre ( 2 grosses cuillères à soupe)

des noix (une dizaine)

50 g de beurre

lait d’avoine

 

  1. Mettre les jaunes d’œuf avec le chocolat en poudre ( obtention d’une pâte sèche)
  2. ajouter la farine
  3. émietter les noix et les rajouter
  4. rajouter le beurre ramolli
  5. mélanger avec les mains, effriter pour garder un aspect poudre.
  6. mettre le lait d’avoine jusqu’à ce que l’Onctueux naisse dans votre bol.
  7. ajouter les blancs en neige
  8. enfourner à 150°c
  9. dès que la douce odeur vous chatouille le nez,c’est prêt! ( son cœur doit rester tendre,comme un enfant)

Maman Grizzly

 

 

 

 

in utero

Le jour pointe le bout de ton nez

Dans le creux de mon ventre

Des chatouillis des entrelacs

Des clapotis du bout des doigts

Déjà je joue avec toi

Tu me fais du pied sous la peau

Tu me fais rire je te caresse

Nous pataugeons dans la tendresse

Tu es poisson tu es oiseau

Tu es cheval au grand galop

Tu es en rêve tu es en vrai

De ma forêt l’enchantement

Tu me transformes en maman

Je berce ta maison féconde

Où tu m’accueilles et me protèges

J’y entends les murmures du monde

C’est comme un chant tu me racontes

Tu te souviens et moi j’invente

Ensemble on retisse le monde

Dans une trame toute nouvelle

Qui s’ouvrira comme une ombrelle

et fera éclore le printemps.

à Lucille,

maman Grizzly