échouer dans les relations

« Lorsque les relations humaines échouent (elles n’ « échouent » jamais, sauf dans la définition stricte qui veut qu’elles ne produisent pas le résultat désiré), elles échouent parce que vous êtes entré dans cette relation pour une mauvaise raison ou de la « mauvaise » manière (mauvaise ici voudrait dire, ne conduisant pas à la pérennité).

La plupart des gens entrent en relation regardant ce qu’ils peuvent en retirer, plutôt que ce qu’ils peuvent y apporter.

Le but d’une relation est de décider quelles parties de vous-même vous allez oser être et déployer, non quelles parties de l’autre vous pouvez enfermer, posséder ou tenir.

Il n’est qu’un but dans les relations – et dans la vie : être et créer.

C’est très romantique de dire que vous n’êtes « rien » sans cet autre si spécial, mais c’est erroné. Pire, cela impose une pression terrible sur l’autre d’être toutes les sortes de choses pour vous que vous voulez qu’il/elle soit, et qu’il/elle n’est pas. Ne voulant pas vous laisser tomber, ou vous décevoir, l’autre essaye alors d’être et de faire ces choses jusqu’à ce que ce soit trop. Qu’il/elle ne puisse plus tenir l’image, remplir le rôle assigné. Le ressentiment se construit. La colère suit.

C’est très romantique de dire que maintenant que cet autre si spécial est entré dans votre vie, vous vous sentez complet(e). Pourtant, le but d’une relation n’est pas d’avoir quelqu’un qui nous complète, mais d’avoir quelqu’un avec qui partager notre complétude.

C’est là un paradoxe dans toutes les relations : vous n’avez pas besoin de cet autre pour faire l’expérience de tout ce que vous êtes, et pour autant, sans cet autre vous n’êtes rien, vous ne pouvez vous expérimenter.

C’est à la fois un mystère et un émerveillement, une frustration et une joie. Cela demande une profonde compréhension et une volonté totale de vivre dans ce paradoxe afin d’en saisir le sens. Ce qui reste rare.

Le problème est tellement basique, tellement simple, pourtant tragiquement incompris : vos plus grands rêves, vos plus hautes idées, vos plus brulants espoirs n’avaient rien à voir avec l’amour de l’autre mais avec l’amour de vous-même.

Une relation est sacrée car elle donne l’opportunité, la plus grande et la seule dans cette vie, celle de créer et produire l’expérience de la plus haute conception de vous-même. Elles échouent quand vous pensez que c’est la plus grande opportunité de créer et de produire l’expérience de votre plus grande conception de l’autre.

Que chacun dans une relation se questionne sur lui-même : ce que ce Soi est, fait, possède ; ce qu’il demande, veut, donne ; ce qu’il recherche, et toutes les relations serviraient leur but et celui des participants.

Que chaque personne en relation ne s’inquiète pas de l’autre mais seulement, seulement, seulement, de soi-même.

Cela semble être un drôle d’enseignement, parce que l’on vous a enseigné que la plus haute forme de relation est celle où l’on s’inquiète pour l’autre. Je vous dis : votre obsession avec l’autre, est ce qui cause l’échec.

Qu’est-ce que l’autre est ? Qu’est-ce qu’il fait ? Qu’est-ce qu’il a ? Qu’est-ce qu’il dit ? Qu’est-ce qu’il veut ? Pense ? Attend ? Prévoit ?

Ça n’a aucune espèce d’importance ce que l’autre est, fait, veut pense ou attend. Ce qui est important est comment vous êtes en relation avec cela. Ce qui importe n’est pas l’action de l’autre, mais votre ré-action.

La personne la plus aimante est celle qui est centrée sur elle-même.

Il n’est pas question de s’aimer à travers l’autre. L’autre n’attend que ce que vous êtes réellement.

La perte de soi dans les relations est la cause première de toute amertume qui les empoisonne. »

-Neale Donald Walsch