La Vérité est une nomade

A quel point est ce qu’on se raconte des histoires à soi-même?

En ce moment, il saute aux yeux de ma conscience des situations de ma vie où j’ai occulté une partie de la réalité au service d’un besoin d’évolution …du coup, je me suis engagée dans des situations et/ou relations en ayant conscience qu’une partie ne me convenait absolument pas ( et que donc à terme, cela n’allait pas être possible pour moi) , en faisant le choix de ne  » voir  » que les aspects positifs pour moi, afin de pouvoir avancer . Dans tous les cas , ces situations m’ont permis d’avancer et ont été des étapes sur mon chemin , mais ce que j’avais occulté a sauté à la figure…et fut une souffrance pour d’autres et pour moi, et a nécessité un réajustement de ma part!

J’étais pourtant absolument sincère sur le moment…Avec le recul, je suis assez ébahie des histoires que  » je » me suis racontée . Je visualise aujourd’hui ces histoires comme la coquille de noix de Poucette, une protection pour pouvoir naviguer sur la grande rivière de la vie , avancer sans couler…

Aujourd’hui, je me dis qu’à tout moment en fait, on se raconte des histoires sur qui on est, sur ce qu’on veut, sur ce qu’on croit, etc… Tout ce que s’on raconte pour se définir, c’est comme des radeaux qu’on s’offre pour s’accrocher à quelque chose de solide dans le flux perpétuellement mouvant de la vie. Car en vrai,….

En vrai, comment se définir?

Par essence, on est vivant, on est la vie même..La Rivière, c’est nous..

Chaque fois qu’on attribue un nom, ( nomos , c’est la forme en grec ), donc un contour arrêté, une frontière, une définition, une totalité avec un intérieur et un extérieur, on bascule dans une représentation mentale, une vue de nous de l’extérieur, on s’objective ( comme si on se prenait en photo, on qu’on en faisait tout un film… ), et quand on s’objective, on passe à côté de la réalité du sujet 🙂

« Je est un autre  » pour moi ça signifie que le sujet ne peut jamais s’atteindre en soi sous forme de définition, d’objectivation, de connaissance identifiable, substantivée,

« Je » est le flux même de la vie qui se découvre elle-même dans le processus de la conscience.

En vrai, « Je » ne peux avoir de papiers d’identité…

la vérité se recherche pourtant …Philo-sophie , ça veut dire désirer-chercher la sagesse …Et il m’apparaît aujourd’hui que le secret se situe dans le trait d’union de ces deux termes…dans leur indissociabilité.

Quand j’étais étudiante en philosophie, j’entendais ces mots de manière univoque et rectiligne, le philosophe étant le chercheur de sagesse, point. Il se mettait en route dès 50 ans ( l’âge où selon Platon on peut commencer 😉 ) et progressait jusqu’à atteindre une forme de sagesse.

Aujourd’hui , je l’entends différemment, dans la réciprocité du désir et de la sagesse, de la recherche et de la vérité comme la danse voluptueuse d’un lemniscate…

La vérité se situant plus dans un mouvement de retour sur soi que ce que l’on pourra trouver de définissable, dans un mouvement de distanciation d’avec soi dans une recherche sincère de se trouver vraiment, dans sa vérité…:)

Cette possibilité , cet espace, qui existe au coeur de tout sujet, que Sartre appelait le  » pour-soi », qui donne accès à la possibilité d’auto-création mais aussi qui nous engage à tout instant dans la posture de responsabilité de ce que nous vivons, je le vois parfois comme une chance, parfois comme une tragédie, mais surtout comme un rendez-vous amoureux auquel la vie nous convie…

Pour moi c’est dans cet espace que nous convie la communication-non-violente pour s’entendre de manière nouvelle. La communication-non-violente est moins un langage qu’un art de l’écoute. L’écoute véritable n’a aucun présupposé. L’écoute véritable ne pense rien, c’est cet espace inhérent à notre propre conscience qu’on offre à l’autre et à soi comme un coquillage des îles du sud, et où le processus d’auto-création va alors trouver résonance et se révéler.

C’est dans cet espace que nous pouvons vraiment nous rencontrer

nous connecter de coeur à coeur, de conscience à conscience, d’être humain à être humain, d’être vivant à être vivant,

dans cet espace sans jugement, sans a priori, sans que rien encore ne soit déjà défini, ni même définissable, dans l’expérience partagée du flux de la vie.

La possibilité de connection , d’interreliance, et de co-responsabilité a lieu dans cet espace de questionnement , d’ouverture d’esprit, d’accueil inconditionnel

C’est dans cet espace que la politique est donc réellement possible, dans ce flux partagé, dans cette reconnaissance de cette interreliance engagée et engageante, nous invitant l’un comme l’autre à danser ensemble pour construire la cité en même temps que nos consciences.

je rêve d’une nouvelle république où ce qui serait commun serait moins un  » res  » ( une chose en latin , république vient de res publica = chose commune ), que la responsabilité de la vie partagée, une écopolitique en somme.

Nous construirions alors moins à partir de références du passé ( comme certains le suggèrent en disant par exemple que l’Europe a une identité blanche et chrétienne ) qu’à partir de notre corresponsabilité de l’avenir , et les enjeux sont tellement criants aujourd’hui!

-Notre socle commun ne serait pas des vérités substantielles à acquérir mais une posture consciente et choisie de cocréateurs à l’écoute des besoins du Présent, à l’écoute du vivant.

Etre citoyen engagé, ça voudrait dire alors prendre soin de soi autant que des autres, dans la reconnaissance que prendre soin de son jardin intérieur est primordial pour pouvoir être dans une relation saine à l’autre et à soi , et que c’est dans cette vive relation que peut prendre racine une recherche constante de l’équilibre.

danser avec la vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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