Naviguer à partir de notre corps éclairé

Nous naviguons depuis les lumières à partir de notre mental.

Notre vivre ensemble, notre politique s’échafaude sur une représentation de nous comme raison .

« je pense donc je suis » a permis de libérer la philosophie de la religion en refondant le sujet dans là où il s’origine lui-même , en émancipant le fils du Père , et en autonomisant le champ de la pensée .Génial!

Naviguer à partir de la raison a permis de réouvrir de manière légitime les explorations en toutes contrées, géographiques, philosophiques, scientifiques…en-dehors des limites imposées par les croyances religieuses.  » sapere aude » : découvre le savoir par toi-même.

Mais cette représentation du sujet comme à l’origine du monde ( après l’épokê réalisée par Descartes: je doute de tout, il reste le sujet qui pense, il devient le point d’appui fiable pour toute recherche de la vérité ) trouve ses limites qu’il est urgent de penser aujourd’hui.

Les frontières du monde vacillent aujourd’hui , sa fin se donne à entrevoir .

Cette fin du monde est peut être la fin d’une certaine représentation de la jonction entre l’humain et le réel . il est temps pour la pensée de renouer avec l’illimité du vivant.

Elargir le champ de vision et considérer le sujet dans sa condition de possibilité organique….le sujet n’est jamais seul, il surgit de tout un réseau de connexions , il signe à partir de la trame de son environnement et sa pensée s’inscrit dans celui-ci, le révèle tout autant qu’il le crée. Le sujet comme interface entre l’intérieur et l’extérieur.

Le sujet comme interface sensible entre le monde intérieur et le monde extérieur.

Le sujet n’est jamais seul.

Naviguer à partir de son seul mental revient à naviguer à partir de la partie égotique de soi, de sa muraille protectrice , qui ne sait se connaitre qu’en désignant l’étranger et en le reléguant en dehors de son enceinte. Toute définition fonctionne ainsi en enfermant dans un contour qui se dessine par opposition avec son contraire. A=le contraire de non A fonde la pensée logique. Binaire, donc.

Mais nous évoluons. Il est temps de naviguer à partir de la partie la plus évoluée de nous-mêmes et qui n’est pas le mental , et qui n’est pas l’ego, qui n’est pas notre image dans le miroir mais l’oeil qui regarde..

L’esprit voyage de sujet à sujet. L’esprit donne le cap en refaisant le point à chaque instant. L’esprit navigue en contemplant la Grande Ourse, à partir du lointain, du cosmos, à partir de l’environnement duquel il fait partie. L’esprit n’est pas une abstraction mais fait partie de l’Univers et se sait tel. Notre conscience nait et c’est en cela que nous sommes vivants.

Se souvenir de son origine , de son appartenance au cosmos nous relèvera-t-il de ce monde de fantômes dans lequel nous nous trouvons menacés aujourd’hui?

Le corps vivant est conscience, lumière naissante, qui donne le cap comme un phare en pleine mer, ou plutôt comme une luciole dansante car il ne saurait se fixer dans une forme plutôt qu’une autre, étant la vie multiple et une.

Il est temps de naviguer à partir de l’oeil qui regarde plutôt qu’à partir de l’image-écran.

Nous ne navigons pas dans un monde figé , nous sommes le monde, nous sommes vivants.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s