redonner un sol à notre humanité

Le sol s’est dérobé sous nos pieds . Nous sommes tous devenus des migrants. La Terre ne pouvant coïncider avec le globe conceptualisé par les penseurs de la mondialisation ( il faudrait plusieurs planètes pour assumer les ressources nécessaires à la croissance économique , terreau du système politique dominant ). Telle est la thèse de Bruno Latour dans «  Où atterrir » un excellent essai paru en 2017 et sur lequel je reviendrai en détails dans de prochains articles.

Le sol s’est dérobé sous nos pieds.

Quand nous disons  » qu’une seule planète ne suffit pas  » ( à la vie telle que nous la pensons ), nous ne respectons pas le principe de réalité, nous nous plaçons encore dans cette pensée erronée du vivant hors-sol où la Terre est conceptualisée à partir de son usage, de son exploitation par les humains, où la Terre est pensée comme un objet.

Mais de la même manière qu’au 20e siècle, les phénoménologues ont réancrer la philosophie dans l’acte de penser et mis en lumière sa condition de possibilité, il serait temps de réorganiser dans une vision claire la Terre, la Politique et l’économie avec un ordre conforme au principe de réalité de qui est premier, qui est la condition de possibilité de l’autre.

Bien-sûr, s’il est une évidence que la Terre est la condition de possibilité de l’humanité ( et non pas le contraire) , il est moins évident d’ordonner politique et économie.

Aujourd’hui , l’économie dicte sa loi à la politique.

L’on pourrait penser qu’il y a urgence à autonomiser la politique de l’économie mais peut être cela reviendrait il au fond à repenser l’économie.

« économie « vient du grec et signifie  » gèrer la maison ».

L’économie actuelle se base sur une maison virtuelle inhabitable, elle a donc perdu sa fonctionnalité de service des humains, et c’est en cela qu’elle est devenue incompatible avec une véritable politique ( une gestion du vivre ensemble).

L’économie actuelle ( celle qui se base sur une vision de croissance illimitée ) est donc hors-sol et donc n’est pas une économie mais une idéologie qui se fait passer pour une économie, et donc un cheval de Troie qui abrite notre destruction sous un masque de croissance.

Repenser l’économie en lien avec le principe de réalité, avec le sol partagé par toute l’humanité, et donc la planète telle qu’elle est, dans son fonctionnement d’auto-renouvellement , d’équilibre, de cycles, de limites à respecter, serait réouvrir la possibilité d’une réelle politique, et donc d’un véritable vivre ensemble.

Frédérique Teyssier

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