une fenêtre sur l’infini, ton visage…

la sortie de l’objectivation, comme seule représentation jugée valide du réel, est la chance de notre monde contemporain, la possibilité de se reconnaître ( et soi et mutuellement) dans notre nature profonde, illimitée , mystérieuse, à la fois manifestée et non-manifestée, plus exactement, comme un manifeste du non-manifesté .

Ce que découvre la science avec la réalité quantique des particules, ce que révèle Nadia Vadauri Gauthier dans sa performance artistique hors-champ, ce que vient bouleverser dans le politique les bouleversements climatiques, ce qui vient dissoudre nos certitudes concernant les moeurs familiales, ce qui remet en question les bases religieuses de notre spiritualité, ce qui nous fait perdre foi en la possibilité d’une représentation politique intègre, ce qui nous éveille aux conditions tragiques de la possibilité de notre quotidien occidental confortable,………, toutes ces remises en mouvement du socle de nos vies que l’on croyait stable signe plus que la fin de la possibilité de la représentation , révèle en fait un nouvel ancrage dans le réel en tant que flux.

Autrefois agrippés à des repères fixés , qu’on disait  » objectifs », ce qui était alors pour nous preuve de  » réalité « –  » réalité tangible  » d’ailleurs disait le bon sens populaire- nous élaborions à partir d’un point stable( et donc pour nous fiables) toutes nos constructions , qu’elles soient scientifiques, politiques, philosophiques, artistiques, sociales,économiques etc….

Or nous vivons actuellement un changement de paradigme dans la mesure où la  » fiabilité  » de la coïncidence avec le réel a complètement viré de bord , est passée de structure solide à champ ondulatoire, ce qui bouleverse totalement la posture du témoin intérieur du réel que nous sommes.

se mettre en relation avec le réel en tant que champ vibratoire s’opère effectivement à partir d’un tout autre endroit de nous-même que la raison, la faculté d’objectivation du réel , le sujet en tant que  » prédateur » du réel, en tant que pouvant s’en extraire pour le comprendre.

Ce que nous vivons, c’est la fin des objets.

La fin du monde, en quelque sorte, tel que nous nous y rapportions, comme un cadre prédéfini dans lequel nous nous mouvions.

Il est temps de concevoir une nouvelle politique intégrant les sujets libres que nous sommes désormais. ( libérés de toute possibilité d’objectivation )

ce sujet libre qui se découvre, cet observateur du champ quantique avant d’avoir délimité un axe d’observation, ( donc avant d’avoir arrêté un définissable, quantifiable, mesurable, objectivable ) , Levinas en parle dans toute son oeuvre comme  » le visage de l’Autre « . Totalité et Infini me semble tout à fait opportun à lire aujourd’hui quand dans le soft-totalitarisme du monde machine, l’infini(tion) de notre réelle nature intersubjective apparaît comme l’issue de secours.

Le visage de l’Autre, c’est celui que je vois en celui de Nadia, quand, émerveillée et baignant dans le flux du réel, elle se laisse traverser par la danse, propageant alors autour d’elle , des ondes incompressibles d’amour.

 » On peut remonter à partir de l’expérience de la totalité à une situation où la totalité se brise, alors que cette situation conditionne la totalité elle-même.Une telle situation est l’éclat de l’extériorité ou de la transcendance dans le visage d’autrui. Le concept de cette transcendance rigoureusement développé s’exprime par le terme d’infini. »

E.Levinas Totalité et Infini, biblio essai p7-8

Frédérique Teyssier

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s